Illustration médicale de la reconstruction du ligament croisé antérieur du genou avec greffon et fixation par vis

Traitement : Ligamentoplastie du genou

La rupture du ligament croisé antérieur est un accident assez classique chez les personnes pratiquant un sport qui sollicite le genou, particulièrement dans des postures nécessitant des rotations.

Genou

Traitement

Le Pr Etienne Cavaignac est spécialisé dans la pratique de la ligamentoplastie du genou, destinée à réparer le ligament croisé antérieur endommagé.

Retrouvez l’ensemble des informations essentielles au sujet de la ligamentoplastie.

La rupture du ligament croisé antérieur est un accident assez classique chez les personnes pratiquant un sport qui sollicite le genou, particulièrement dans des postures nécessitant des rotations. La chirurgie par ligamentoplastie du genou est une intervention peu invasive, pratiquée sous anesthésieloco-régionale ou générale, qui consiste à reconstruire le ligament rompu en le remplaçant par un morceau de tendon prélevé sur le patient. Au cours de l’intervention, le chirurgien inspecte l’ensemble des structures du genou pour prendre en charge l’ensemble des lésions concomitantes d’une lésion du LCA.

Pour approfondir ce sujet, consultez la conférence « Prise en charge des lésions des stabilisateurs secondaires du Ligament croisé antérieur (LCA) »disponible sur YouTube.

De plus, l’article scientifique « Epidemiology of Combined Injuries of the Secondary Stabilizers in ACL-Deficient Knees » offre une analyse détaillée et des données sur les blessures combinées des stabilisateurs secondaires chez les patients présentant des déchirures du LCA. Disponible sur ResearchGate.

Ligament croIse anterIeur Intact

Un ligament peut être comparé à un ruban élastique. Le ligament croisé antérieur (LCA) se situe à l’intérieur de l’articulation du genou.

Il s’agit en réalité de deux ligaments (le ligament croisé antérieur et le ligament croisé postérieur) qui se croisent pour remplir la même fonction : maintenir le lien entre le tibia et le fémur auxquels ils sont accrochés, et stabiliser ainsi le genou lors des flexions et des extensions du genou ou lors des rotations de la jambe.

Ainsi, le ligament croisé antérieur évite que le tibia effectue un déplacement ou une rotation qui soient trop importants par rapport au fémur, ce qui risquerait d’éjecter de leur emplacement les éléments constituant l’articulation du genou.

La rupture du ligament croisé antérieur intervient plus généralement chez une personne jeune et sportive, surtout si elle sollicite régulièrement son genou par des pivotements en pratiquant des sports tels que le football, le ski, le basket-ball ou des sports de combat…

Le patient peut présenter un traumatisme au genou suite à un coup. La réalisation d’un mouvement de pivot trop vif ou la réception d’un saut peut générer un craquement soudain ou une sensation de dérobement du genou.

Le genou sera instable, douloureux, gonflé, bloqué et la marche sera alors difficile. Une consultation médicale rapide est impérative.

Après une radiographie qui aidera à déterminer un diagnostic, une imagerie par résonance magnétique (IRM) affinera celui-ci. Il sera ainsi possible de confirmer (ou d’infirmer) la rupture du ligament croisé antérieur et de rechercher la présence d’autres lésions éventuelles comme des lésions méniscales ou des lésions ligamentaires périphériques.

Il est bon de savoir qu’un ligament croisé antérieur rompu ne pourra pas cicatriser seul, même en cas d’immobilisation du genou. Dans un grand nombre de cas, le patient gardera un genou instable qui se dérobera sous lui ; il sera gêné dans les mouvements de la vie quotidienne, ne pourra plus faire de sport et risquera en outre de futures lésions du ménisque, des dommages sur d’autres ligaments, une dégradation du cartilage et, à terme, de l’arthrose.

Une intervention chirurgicale est donc nécessaire afin que le genou retrouve une laxité maîtrisée, une stabilité articulaire et qu’il puisse fonctionner pleinement. Le chirurgien effectuera dans ce cas une reconstruction du ligament antérieur, aussi appelée ligamentoplastie, associée à une prise en charge des lésions secondaires.

Dans la procédure de la ligamentoplastie du LCA, une exploration complète de tout le genou est effectuée avant de procéder. Vous pouvez consulter la vidéo d’exploration du genou ici pour référence.

L’opération par ligamentoplastie du genou consiste à remplacer le ligament rompu. Cette opération peut se faire de façon peu invasive, grâce à l’arthroscopie. Une caméra est introduite dans le genou par une petite incision et permet de visualiser le ligament rompu. Introduits par le biais d’autres petites incisions, des instruments chirurgicaux prélèvent une partie d’un tendon proche du genou abîmé. Ce morceau de tendon remplacera le ligament rompu.

Il est ensuite introduit dans deux petits tunnels osseux pratiqués dans le fémur et dans le tibia. Puis, le chirurgien spécialisé en ligamentoplastie fixe ce tendon grâce à des vis résorbables ou à des appuis corticaux – un système qui permet de fixer la greffe de tendon sur la partie dure du fémur, appelée la corticale.

Dans la grande majorité des cas, une stabilisation antérolatérale est nécessaire pour assurer un contrôle optimal. Cela implique l’utilisation du gracilis pour stabiliser la zone antérolatérale du genou.

Pour des informations pratiques, visionnez-la vidéo « Technique de reconstruction du LCA et du LAL avec les Ischiojambiers avec greffe indépendante » sur YouTube

Au cours de l’opération du genou par ligamentoplastie, d’éventuelles lésions du ménisque peuvent également être traitées dans le même temps. Le tendon sur lequel le prélèvement a été effectué cicatrisera seul rapidement. Cette opération dure en général 30 minutes et est réalisée en chirurgie ambulatoire (entrée le matin et sortie le soir).

Il existe plusieurs techniques pour effectuer cette chirurgie, y compris les méthodes DIDT (Droit Interne : Demi tendineux) et DT4 (Demi tendineux replié en 4).

La ligamentoplastie DIDT utilise deux tendons, le tendon Demi-Tendineux et le tendon Droit Interne. Cette approche est plus invasive car elle implique le prélèvement de deux tendons, ce qui peut potentiellement affaiblir les muscles ischio-jambiers.

À la différence de la DIDT, la ligamentoplastie DT4 utilise uniquement le tendon Demi-Tendineux, épargnant ainsi le tendon Droit Interne. Cela présente l’avantage de moins affaiblir les muscles ischio-jambiers, facilitant la rééducation post-opératoire après une ligamentoplastie du genou.

Il peut aussi être utilisé le tendon rotulien (Kenneth Johns), le tendon quadricipital ou même une allogreffe pour réaliser cette ligamentoplastie.

Le choix peut dépendre de plusieurs facteurs, y compris les préférences du chirurgien, l’état spécifique du genou du patient, et les attentes en matière de rétablissement et de retour à l’activité sportive. Le Pr Etienne Cavaignac prendra le temps de vous présenter ces deux méthodes et vous dirigera vers la technique chirurgicale la plus adaptée à votre cas.

Pour plus d ‘informations et de vidéos sur la ligamentoplastie, vous pouvez consulter la chaîne YouTube du Pr. Cavaignac. Sur cette chaîne, vous trouverez de nombreuses vidéos et conférences détaillant les aspects de cette intervention.

La prise en charge décrite ici concerne une lésion primaire du LCA (qui est la lésion la plus fréquente). Le Pr Cavaignac a aussi développé une expertise dans la prise en charge des lésions ligamentaires internes, externes et du ligament croisé postérieur. Pour en savoir plus, vous pouvez visionner les vidéos suivantes :


‍Options de greffe et renforcement latéral lors d’une reconstruction du LCA

Choisir le bon type de greffe est une étape essentielle pour planifier votre chirurgie du ligament croisé antérieur (LCA).

Les types de greffes ci-dessous sont réalisés par le Professeur Cavaignac lors des reconstructions du LCA. Chacune est sélectionnée en fonction de votre anatomie, de votre sport et de vos objectifs de récupération. Toutes les interventions sont réalisées par arthroscopie et peuvent inclure un renfort latéral (ALL ou LET) afin d’améliorer la stabilité rotatoire dans les sports de pivot.

Glossaire rapide

  • LAL : Reconstruction du ligament antérolatéral (contrôle de la rotation de l’intérieur vers l’extérieur)
  • LET : Ténodèse extra-articulaire latérale (renforcement réalisé à l’extérieur du genou)
  • ILT : Technique spécifique appartenant à la famille des LET, utilisée dans notre pratique
  • Pédiculée : le tendon reste attaché à une de ses extrémités, ce qui préserve sa vascularisation
  • Manchonnée : fixation dans de courtes alvéoles osseuses (« sockets ») qui préservent le stock osseux

Greffes ischio-jambiers (DT3 / ST4) : nos options de référence

La plupart des reconstructions primaires du LCA sont réalisées avec vos propres tendons ischio-jambiers. Ces techniques préservent le tendon rotulien et la mécanique de la rotule et permettent généralement une rééducation fluide.

Greffe DT3 pédiculée, manchonnée pour le LCA + ALL/LET indépendant

DT3 pédiculé manchonné + LAL indépendant de face
DT3 pédiculé manchonné + LAL indépendant de face
DT3 pédiculé manchonné + LAL indépendant de profil
DT3 pédiculé manchonné + LAL indépendant de profil

Le tendon semitendineux est configuré en triple brin (DT3), conservé attaché au tibia (greffe pédiculée), puis ancré dans de courtes alvéoles osseuses. On y associe un renforcement antérolatéral (LAL ou LET) pour mieux contrôler la rotation. Cet ensemble limite à la fois le tiroir antérieur et la “torsion” à l’origine des dérobements dans les sports avec changements de direction.

DT3 pour le LCA + renforcement antérolatéral au même temps opératoire

DT3 pour LCA + LAL de face
DT3 pour LCA + LAL de face
DT3 pour LCA + LAL de profil
DT3 pour LCA + LAL de profil

Une alternative fréquemment retenue consiste à combiner, dans le même temps, une reconstruction DT3 du LCA et un geste antérolatéral. Selon le cas, le tendon gracile est utilisé pour confectionner le renfort, afin d’optimiser le contrôle rotationnel, en particulier chez les athlètes à risques (sports à pivots, hyperlaxité, révision).

Pourquoi choisir parfois la configuration ST4 ?

Lorsque c’est adapté, une semitendineuse en quadruple brin (ST4) permet d’éviter le prélèvement du gracile et peut ainsi mieux préserver la force des ischio-jambiers.

Sensation au site de prélèvement (ischio-jambiers)

On observe souvent une tension ou une baisse de force initiale des ischio-jambiers médiaux ; ces symptômes régressent grâce à une kinésithérapie ciblée.

Autres options d’autogreffes (selon les indications)

Lorsque les ischio-jambiers ne sont pas l’option optimale (profil sportif, morphologie, antécédents), nous privilégions d’autres autogreffes, nous pouvons utiliser le tendon rotulien (BTB) ou le tendon du quadriceps, quand ces options améliorent la stabilité et la récupération.

Tendon rotulien (os–tendon rotulien–os, « BTB »)

Utile dans certaines morphologies ou pratiques sportives ; peut s’accompagner de douleurs antérieures du genou à la position à genoux.

Tendon quadricipital

Option polyvalente offrant un gabarit de greffe important ; une sensibilité de la face antérieure de la cuisse est possible au début.

Nous choisissons avec vous après les examens afin d’ajuster le type de greffe, le diamètre et la fixation à votre genou et à vos objectifs sportifs.

Greffe du tendon du droit fémoral (Rectus femoris)

Greffe du rectus femoris de face.
Greffe du rectus femoris de face.
Greffe du rectus femoris de profil.
Greffe du rectus femoris de profil.

La technique Quad 2.0, développée et publiée par le Professeur Cavaignac et son équipe, représente une évolution moderne des autogreffes pour la reconstruction du LCA.

Peu invasive, elle permet de prélever un tendon solide et régulier à travers une petite incision à l’avant de la cuisse, tout en préservant les ischio-jambiers et le tendon rotulien.

Ses principaux avantages :

  • Une solidité équivalente à celle des autogreffes d’ischio-jambiers.
  • Une préservation complète de la fonction des ischio-jambiers, essentielle pour les sportifs dont la performance repose sur la puissance de sprint.
  • Une réduction des douleurs antérieures du genou par rapport aux greffes de type BTB (rotulien).
  • Une morbidité minime au site de prélèvement, favorisant une récupération fonctionnelle plus rapide.

Cette greffe peut être proposée lorsque les ischio-jambiers ont déjà été prélevés, dans certaines configurations anatomiques particulières ou pour optimiser le retour à la performance sportive.

Renfort antérolatéral (ALL / LET / ILT)

Pour optimiser la stabilité du genou, un renfort antérolatéral est souvent réalisé en complément de la reconstruction du LCA.

Cette procédure vise à mieux contrôler les mouvements rotatoires du genou notamment dans les sports tels que le football, le rugby ou le ski. Elle s’adresse en particulier aux sportifs jeunes et compétitifs, ainsi qu’aux patients présentant une laxité accrue du genou.

Selon le cas, plusieurs techniques peuvent être utilisées.

ALL (reconstruction du ligament antérolatéral)

Technique mini-invasive visant à reconstruire le ligament antérolatéral, situé sur la face externe et antérieure du genou. Il agit comme un frein rotatoire, apportant un contrôle supplémentaire lors des changements de direction ou des réceptions.

LET (ténodèse extra-articulaire latérale)

Cette méthode utilise une bandelette du fascia lata pour renforcer la face externe du genou. Elle limite la rotation interne excessive et réduit significativement le risque de re-rupture dans les sports de pivot ou de contact.

ILT (ténodèse latérale isolée)

Version perfectionnée de la LET, développée dans la pratique du Professeur Cavaignac, cette technique offre un renfort ciblé de la capsule latérale tout en préservant la mobilité naturelle du genou. Elle stabilise l’articulation sans la sur-contraindre, protège la greffe et améliore les résultats à long terme.

Dans la majorité des cas, l’ajout de ce renfort antérolatéral permet d’obtenir un meilleur contrôle rotatoire, de protéger la greffe dans les premières phases de récupération et de renforcer la confiance du patient lors de la reprise des activités sportives exigeantes.

Si vous hésitez entre plusieurs options, le Pr Cavaignac vous expliquera clairement les avantages et les limites de chaque greffe et vous aidera à choisir celle qui correspond le mieux à votre sport, vos objectifs et vos délais de reprise.